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Initiative

Un pas de plus  pour la candidature  de la lavande à l’Unesco

À Sahune, une nouvelle étape a été franchie dans la démarche de candidature des paysages de lavande de Provence au patrimoine mondial de l’Unesco.

Un pas de plus  pour la candidature  de la lavande à l’Unesco
©JMP_AD26
À Sahune le 21 mars, élus territoriaux et représentants de la filière lavande pour l’inauguration de l’antenne drômoise de la Maison du patrimoine culturel lavandicole de Provence.

Initiée en 2022, la candidature de la lavande de Provence au patrimoine mondial de l’Unesco vient de connaître une nouvelle étape par la création à Sahune de l’antenne drômoise de l’association du patrimoine culturel lavandicole de Provence. Vendredi 21 mars, Marc Bompard, maire du village, et Nicole Peloux, présidente du parc naturel régional des Baronnies provençales, ont accueilli à la Maison du parc à Sahune les présidents des conseils départementaux des Hautes-Alpes, de la Drôme et du Vaucluse, soit respectivement Éliane Barreille, Marie-Pierre Mouton et Dominique Santoni. Étaient également présents Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme, et Lucien Santoni, sénateur du Vaucluse, ainsi que la députée drômoise Marie Pochon.

De bonnes nouvelles dès 2028 ?

La candidature officielle des paysages culturels de lavandes sur la liste des biens français et du Patrimoine mondial de l’Unesco est portée par la Maison du patrimoine culturel lavandicole de Provence, association co-présidée par Francis Vidal, Laurent Depied et Alain Aubanel et dont le siège est à Forcalquier. Elle compte aujourd’hui une cinquantaine de membres : producteurs, apiculteurs, distillateurs, artistes et grands noms de la parfumerie et des cosmétiques (Givaudan, Mane, Fragonard Caron…). Leur objectif : monter un dossier pour figurer sur la liste des biens français que le pays présentera en avril 2026 à l’Unesco.
La constitution du dossier de candidature se prépare activement grâce à 17 groupes de travail spécialisés : agropastoralisme, apiculture, histoire, environnement, enjeux climatiques, patrimoine culturel immatériel, santé, inventaire du bâti, tourisme culturel… « Une candidature prend une dizaine d’années mais on espère avoir de bonnes nouvelles dès 2028, confie Alain Aubanel. Nous devrions satisfaire aux critères par l’aspect patrimonial fort, le lien entre l’homme et son environnement naturel et paysager ainsi que l’historique lien avec le monde artistique. »

Un outil supplémentaire

L’antenne drômoise de la Maison du patrimoine culturel lavandicole de Provence est « un outil supplémentaire pour fédérer les acteurs autour de la candidature de la lavande à l’Unesco. Cette démarche est un levier pour la préservation et le développement de cette filière qui représente environ 800 producteurs et plus de 7 300 hectares dans la Drôme », a déclaré Marie-Pierre Mouton. Plus globalement, la candidature à l’Unesco, lancée en juillet 2022, est présentée comme une « assurance-vie » pour une filière « fragilisée » par une certaine surproduction en raison des plantations de lavande hors des zones traditionnelles. Autre problème, la réglementation Reach sur les produits chimiques, jugée inadaptée à des huiles essentielles constituées de centaines de molécules différentes.
L’antenne drômoise « ne sera pas un musée avec une exposition permanente mais on y organisera des événements dédiés à la lavande plusieurs fois par an », précise Alain Aubanel. 

J-M. P. et C.L. 
 

La lavande  en Provence

Cultivée par près de 2 200 exploitations sur plus de 30 000 ha, pour l’essentiel (87 %) en Auvergne-Rhône-Alpes (dont 26 % en Drôme) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la lavande génère 9 000 emplois directs et 17 000 emplois indirects en incluant le tourisme. Les 1 600 tonnes annuelles d’huile essentielle de lavandin (un hybride naturel de la lavande dont la France est leader mondial) sont utilisées en parfumerie fonctionnelle (savonnerie, lessives…) tandis que les 90 tonnes d’huile essentielle de lavande trouvent leur débouché en parfumerie fine, cosmétique, aromathérapie ou gastronomie. L’huile essentielle de lavande de Haute-Provence bénéficie d’une appellation d’origine protégée depuis 1981.